The Chosen : entre pathos Hollywoodien et révolution spirituelle
The Chosen : phénomène global ou mélo américain ?
Décryptage d'une série qui ne laisse personne indifférent.
Impossible d'échapper au raz-de-marée The Chosen. Avec ses millions de vues et son financement participatif record, la série sur la vie de Jésus bouscule les codes. Mais derrière le succès, que vaut vraiment l'œuvre ? Entre mise en scène parfois lourde, pleine de pathos, d'acteurs qui surjouent à l'américaine et un portrait psychologique fascinant, voici mon humble avis.
Un parfum de "Pathos" à l'américaine
Soyons honnêtes : si vous cherchez l'épure d'un Pasolini ou la sobriété européenne, repassez plus tard. The Chosen assume pleinement ses racines d'outre-Atlantique. On y retrouve parfois un jeu d'acteur un peu trop appuyé, où chaque regard humide est souligné par une bande-son qui vous dicte précisément quand verser votre larme.
Ce côté "spectacle" peut agacer. Les dialogues semblent parfois calibrés pour devenir des citations inspirantes sur Instagram, perdant un peu de la rugosité historique que l'on pourrait attendre de la Judée du Ier siècle.
Sans compter les longueurs nombreuses, où il ne se passe pas grand chose... bref, beaucoup de pathos et d'acteurs qui surjouent.
Quand au choix des acteurs, à part Jonathan Roumie, l'acteur qui joue Jésus et sait vraiment faire passer la compassion, la miséricorde et la douceur humble du Seigneur, même si on peut regretter un certain embonpoint que l'Homme du Linceul de Turin n'avait assurément pas, certains choix d'acteurs sont discutables. Par exemple Simon-Pierre aux bras body-buildés ou Marie, qu'on ne pourrait pas qualifier de "Pleine de Grâce". A l'inverse, certains personnages sont très originaux et attachants, tels Matthieu ou Zébédée.
Mais ne nous arrêtons pas à la forme et passons au fond
L'humanité de Jésus : la force du projet
Pourtant, une fois que l'on a accepté ces codes narratifs, la série révèle sa véritable pépite : le portrait de Jésus. Interprété par Jonathan Roumie, ce Jésus est d'une humanité désarmante. Il rit, il plaisante, il se blesse en bricolant, et il manifeste une fatigue bien réelle.
On est loin de l'icône figée et distante des vieux péplums. Ici, la compassion et la miséricorde ne sont pas des concepts abstraits, mais des actes concrets. On voit un homme qui écoute vraiment, qui prend le temps de comprendre les failles de ceux qu'il rencontre. C'est cette proximité qui rend le personnage si magnétique.
Et la série nous rappelle bien qu'il est juif en plus d'être humain.
Une révolution dans le monde juif
Le point le plus réussi de la série est sans doute sa capacité à recontextualiser l'impact de Jésus. Il ne se contente pas de prêcher ; il crée un véritable séisme social et religieux. The Chosen montre brillamment comment ses interactions — notamment avec les femmes, les collecteurs d'impôts comme Matthieu, ou les parias — étaient d'une radicalité absolue pour l'époque.
- Briser les barrières sociales : son amitié avec les exclus scandalise les élites.
- Bouleverser la Loi : non pas pour l'abolir, mais pour en révéler le cœur, au grand dam des Pharisiens qui font tant penser avec leur rigorisme, leur solennité et leurs rites aux travers de l'Eglise actuelle...
- Le choix des disciples : une bande bigarée de pêcheurs (et pécheurs), collecteur d'impot pour Rome, tueur (le sicaire Simon le Zélote)... qui n'auraient jamais dû se côtoyer, réunis par une vision commune.
- Le choix de l'Amour et de la Miséricorde : alors que les juifs étaient occupés par les romains détestés et attendaient du Messie d'être un chef de guerre les boutant hors de la Terre Promise, Jésus au contraire se montre aimant et compatissant envers les romains, dont il utilisera la puissance et l'amour de l'Empire pour faire diffuser sa Révolution
Conclusion
Alors, faut-il regarder The Chosen ? Oui, sans aucun doute. Malgré ses tics de production hollywoodiens et son penchant pour le mélodrame, la série réussit l'essentiel : redonner du relief à une histoire que l'on pensait connaître par cœur. Elle nous présente un révolutionnaire de l'amour, dont la douceur est finalement bien plus subversive que n'importe quelle démonstration de force.
The Chosen fait partie des choses qui -outre les preuves scientifiques de miracles- m'ont converti, moi qui étais sceptique et matérialiste. Je recommande chaleureusement cette série aux personnes dans le doute et rebutées par le caractère divin du Christ et la sainteté des apôtres : elle les met à notre niveau, profondément humains. Elle permet de comprendre la révolution qu'il a instituée au sein des Juifs qui attendaient un guerrier capable de bouter l'envahisseur romain et ont découvert un Agneau, doux et humble, qui leur a enseigné à aimer leur ennemi et a rompu avec l'oeil pour oeil. Elle met en lumière l'humilité, la douceur, l'amour et le génie permanent dont il fait preuve face au romains ou aux Juifs qui le rejettent. Bref, une excellente introduction aux Evangiles pour les non croyants et un renfort de foi pour les croyants!
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